Pourquoi j’écris ?

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« Quelques-uns des meilleurs romans et récits sont aussi précis qu’un numéro de téléphone, mais peu de prosateurs parviennent à ce résultat tant il faut de raffinement dans la passion et la poésie. » confiait Carson McCullers en 1959 dans les lignes du magazine Esquire.

La femme de lettres américaine évoque certainement le genre d’auteur qui fait dire à un adolescent après qu’il ait terminé un livre marquant : « un jour, moi aussi je serai écrivain ».

J’ai vécu une telle expérience, j’avais dix-sept ans. Je venais de refermer Le premier cercle de Soljenitsyne. Plusieurs heures après, j’étais encore dans ce goulag, entouré de ces prisonniers au QI élevé et au sens de la survie unique, harcelé par les sbires de Staline et tous ces militaires zélés. Je venais de partager le vécu d’hommes d’une autre époque, à des milliers de kilomètres de la véranda étouffante où j’étais assis à même le sol. J’avais les mains moites d’émotion. Je me surpris à  penser au roman que je pourrais écrire pour faire vivre la même sensation à d’autres. Sans vraiment en prendre conscience, je venais de m’engager à assouvir un fantasme : devenir écrivain à mon tour.

Puis les années passèrent, puis le rêve s’éroda.

Je lisais toujours, j’écrivais parfois, mais sans prétention. Pendant deux années d’ailleurs, je n’ai exercé aucune des deux activités. Mais tout bascula le jour où je vis le film Légendes d’Automne, avec un Brad Pitt époustouflant dans le rôle de Tristan. J’ai filé m’acheter le recueil de novelas du même titre, de Jim Harrison. Un nouveau cycle de lecture et d’écriture allait commencer grâce à Big Jim, Légendes d’automne s’étant révélé un authentique chef-d’œuvre.

Je me remis à la lecture. J’avalai des bouquins par dizaines dans une boulimie survoltée. Plusieurs livres laissèrent en moi des traces de leur passage : Robin Hobb, Ampathé Bâ, Pierre Bordage, Dennis Lehane, Dany Laferrière, Aimé Césaire, James Ellroy et bien d’autres.

Je mis alors à écrire avec assiduité, y prenant goût, quelquefois au détriment de mon entourage (je remercie au passage ma douce moitié de croire en moi et d’être si patiente malgré les contraintes, ô combien lourdes, de sa profession).

Ce n’est qu’en 2014 que j’ai décidé de passer du fantasme à la réalité en envoyant mon premier roman à huit éditeurs. Un seul m’a répondu en me refilant quelques conseils. Je ne voulus pas insister. Une année plus tard, je me remettais à l’ouvrage avec les conseils d’un coach en écriture. Je dus revisiter l’ouvrage de fond en comble et l’alléger d’une bonne centaine de pages.

Étant trop occupé par mon vrai travail, celui qui me permet de payer mes factures, j’ai laissé reposer le manuscrit pendant quelques mois avant de le reprendre avec la ferme résolution, cette fois, de m’auto-éditer. Nous sommes en 2016 et j’en suis encore à peaufiner ce premier roman, un roman de genre comme ils disent, à la différence qu’il va réellement se présenter à vous cette fois, probablement début novembre 2016.

Avec les années, j’ai appris qu’écrire est une activité à la fois harassante et passionnante, ingrate et jouissive ; une course de fond sans promesse de voir la ligne d’arrivée ; qu’il faut vraiment aimer ça pour en faire une activité régulière mais, par-dessus tout, qu’un banal fantasme de jeunesse peut orienter toute une vie.

Jechma

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11 commentaires sur « Pourquoi j’écris ? »

  1. Hello Jechma !

    Je comprends maintenant que tes motivations soient tournées vers la publication et je sais moi-même que le site d’écriture sur lequel tu as auparavant publié tes écrits devient vite une drogue.

    N’oublie pas de me prévenir si tu as du nouveau concernant l’auto-édition de tes écrits, quant à moi je continuerai de lire ton histoire achevée sur le site.

    Bonne continuation et garde confiance en tes projets !

    Aimé par 2 personnes

  2. Bonjour,
    Merci de suivre mon blog ! Le vôtre est trés intéressant également 😊 je m’en vais donc le suivre de ce pas. Le truc qui ne va pas chez moi c’est que j’ai du mal à lire longtemps sur tablette ou écran de pc… donc je commente peu malgré mes lectures et mes visites… et que j’ai un mal fou à me corriger une fois lancée dans l’écriture d’un texte…
    Bonne chance et bon courage dans le travail de correction pour votre 1er roman. Il faudra encore beaucoup de temps, de passion et de courage pour faire la pub pour le livre. J’aime et j’encourage l’auto édition la pratiquant moi même mais c’est un travail de titan de parler, de promouvoir son livre 😄
    A bientôt de vous lire… ici ou ailleurs.

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour,
    Merci de suivre mon blog ! Je viens de découvrir cet article qui me plaît beaucoup ! Je me retrouve un peu dans la lecture compulsive de ma jeunesse et mes premiers pas dans l’écriture en parallèle. Vous avez raison sur toute la ligne, écrire c’est passionnant, éreintant mais tellement gratifiant aussi. Je vous souhaite très bonne continuation pour la suite, il faut visualiser votre livre entre vos mains, cela motive énormément. Je reste connectée et lirai votre roman lorsqu’il paraîtra. A très bientôt, Lily.

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    1. Merci à vous Lili,
      Je suis touché par vos paroles remontantes. J’espère que mes écrits vous plairont. Je ferai un tour sur votre blog. Je n’ai qu’un mot: Merci.
      Jechma

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  4. Bonjour Jechma, et merci de partager votre approche enthousiaste de la lecture et de l’écriture (indissociables l’une de l’autre à mon avis). Ailleurs je comparais ma propre approche de l’écriture à de l’artisanat, et je crois que votre lecture de la remarque de Carson McCullers s’en rapproche. Si j’ai tendance à considérer l’écriture comme un artisanat c’est qu’il s’agit aussi d’un processus qui implique l’acquisition progressive d’un savoir-faire. L’écriture (si riche) ‘du débutant’, qui se cherche, qui commande une ‘voix’ en pleine construction, l’écriture ‘tentative’, cerclée d’idéaltypes, l’écriture presque ‘muette’ derrière les formules maitresses. L’écriture comme artisanat, c’est ça, moins qu’une création, mais plus qu’une fabrication. C’est un style dans lequel on s’essai à des formes, comme dans la création d’un tableau, effectivement, pour, petit à petit fabriquer un gabarit entre les contraintes duquel on cherche à négocier les représentations du monde réel par le langage. Je vous envoi donc tous mes encouragements pour votre publication à venir.

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    1. Merci pour vos encouragements. Je suis frappé par la justesse de votre comparaison. L’écriture est en effet comparable à de l’artisanat. L’écrivain qui met les mains dans la pâte pour sculpter son livre et qui revient de manière incessante le parfaire en y mettant son amour, ses tripes, ses convictions, peut tout-à-fait être considéré comme un artisan. Je suis en phase de relecture et j’en sais quelque chose. Le chemin à parcourir est encore long. Bonne soirée.

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